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UN GRAND PAS DANS LE PASSE ET UNE EXPERIENCE INOUBLIABLE

Les CM2 ont fait une rencontre extraordinaire et émouvante lors de leur séjour à Vallorbe.

Le lundi 3 et le mardi 4 octobre 2016, notre classe de CM2 accompagnée de Thérèse MUTZ et Anne-Sophie BARBEest partie à Vallorbe pour visiter le Fort de Pré Giroud.

Nous avons eu la chance de rencontrer Monsieur BOUVERET, un ancien passeur, durant la seconde guerre mondiale.

Nous avions préparé un certain nombre de questions que nous avons pu poser. Voici le compte rendu de l'interview....

Quand et comment avez-vous été arrêté ? (Alexandre)

*A Chapelle-des-Bois, en 1944 ; suite aux indications d'un français, acquis à la cause allemande.

Comment avez-vous survécu dans le camp de concentration ? (Alexandre)

*J'ai survécu grâce à l'espoir d'être libéré. C'était très dur.

Comment êtes-vous parti du camp de concentration ? (Grégoire et Timothée)

*En 1945, quand les américains nous ont libérés.

Pourquoi ne vous êtes-vous pas échappé ? (Grégoire et Macéo)

*C'était totalement impossible de s'échapper et très dangereux.

Comment avez-vous réagi à la bombe nucléaire ? (Grégoire)

*Je ne savais pas

Avant de s'engager dans cette guerre, est-ce que vous imaginiez ce que vous alliez vivre ? (Ethelle)

*Non, pas du tout. Je n'imaginais pas ce qu'allait être cette guerre. Je n'avais que 16 ans.

Est-ce que vous travailliez (aidiez les passages) le jour ou la nuit ? (Ethelle)

*Nous passions les personnes pendant la nuit.

Quand vous avez entendu des bombardements, qu'avez-vous ressenti ? (Romane)

*Cela me remontait le moral.

Comment les allemands réagissaient-ils quand ils avaient un prisonnier ? (Romane)

*Cela dépendait de l'accusation. Au début, j'ai été interrogé à Dijon où je suis resté 2 mois. Mon père y était aussi questionné.

Quel travail faisiez-vous dans le camp de concentration ? (Romane)

*Je m'occupais des moteurs d'avion.

Comment avez-vous choisi entre aider votre papa ou trahir les résistants ? (Adèle)

*Choix très difficile mais il ne voulait pas trahir.

Que faisiez-vous avant la guerre ? (Adèle)

*Je n'avais que 16 ans, je sortais de l'école. Je travaillais dans le bois.

Avez-vous des amis qui sont décédés ? (Adèle)

*Oui

Comment a-t-on découvert que vous étiez résistant ? (Timothée)

*Peu de gens savaient. J'ai été trahi par un français.

Où et comment les gens pouvaient passer la frontière suisse ? (Marie)

*Nous les aidions à passer la frontière dans notre région.

Est-ce que vous étiez suisse et aviez-vous des liens spéciaux avec la France ? (Marie)

*Je suis français et j'avais des amis suisses.

Est-ce qu'il y avait beaucoup de prisonniers dans le camp de concentration ? (Ianis et Anne-Fleur)

*A Dachau, nous étions entre 7000 et 10000 prisonniers.

Comment les prisonniers étaient logés dans les camps ? (Lucas)

*Nous étions logés dans des anciennes écuries. Nous étions environ 300 par baraquement.

Que mangeaient les prisonniers dans les camps ? (Roxanne)

*Le matin, nous avions une tartine de pain avec un bout de saucisson ou de margarine. Le midi, une soupe. Le soir, à nouveau une tartine. Ceux qui ne travaillaient pas n'avaient même pas à manger !

Avez-vous réussi à faire libérer votre papa ? (Axel)

*Non, nous sommes allés tous les deux au centre de concentration.

Qu'est-ce qu'un passeur ? (Léonardo)

*Je faisais passer des personnes dans le pays voisin (la Suisse). Au début, j'acheminais du courrier de part et d'autre de la frontière et je repérais les déplacements des troupes allemandes.

Quand les américains sont arrivés, quel sentiment aviez-vous ? (Alexandre)

*Un grand soulagement.

Combien de personnes faisiez-vous passer à la fois ? (Alexandre)

*1 personne à la fois et parfois des familles entières.

Quel âge aviez-vous à la fin de la guerre ? (Anatole)

*J'avais environ 20 ans.

Est-ce que l'armée suisse était active ? (Anatole)

*L'armée suisse était prête à défendre mais n'était pas en guerre.

Est-ce qu'il y avait beaucoup de gardes qui surveillaient la frontière ? (Philippine)

*Oui, beaucoup.

Quel est votre plus grand souvenir de la guerre ? (Philippine)

*J'ai beaucoup de souvenirs mais peu de bons. Le plus mauvais reste un passage d'une famille quand le papa a fait une crise d'épilepsie. On a eu très peur d'être entendu et découvert.

Est-ce que vous vous êtes-fait arrêté plusieurs fois ? (Anne-Fleur)

*Oui.

Avez-vous failli être tué pendant la guerre ? (Anne-Fleur)

*Oui, une fois pendant un tir allemand.

Est-ce que vous passiez des personnes en toutes saisons? (Anne-Fleur)

*Oui mais nous faisions moins de passages pendant l'hiver.

Combien  de temps mettiez-vous pour faire passer les gens ? (Jeanne)

*Entre 5h et 10 heures pour un passage. Pour passer des familles juives, le trajet était moins long que lorsque nous passions des résistants.

Qu'est-ce que vous ressentez quand vous pensez à cette période ? (Jeanne)

 *Je suis triste car des amis sont morts et heureux d'être rentré.

Combien de personnes avez-vous aidé pendant la guerre ? (Nadège)

*Entre 100 et 200 personnes.

Est-ce qu'il y a eu des grands bombardements quand vous étiez dans le camp ? (Nadège)

*Presque tous les jours, nous entendions des bombardements.

Avez-vous gardé des contacts avec des gens que vous avez aidé ? (Sophie)

*Non, je n'ai gardé aucun contact.

Est-ce que vous aviez une tenue obligatoire dans le camp ? (Sophie)

*Oui, nous avions un pyjama rayé blanc et bleu.

Avez-vous été maltraité ? (Ian)

*Nous étions malheureux : nous avions très peu de nourriture et vivions dans de très tristes conditions.

Aviez-vous des amis dans le camp? (Ian)

*Oui, j'avais des amis.

Avez-vous vu des gens s'enfuir du camp ? (Vadim)

*Non, ce n'était pas possible.

Aviez-vous des armes et qu'est-ce que c'était ? (Vadim)

*Non, je n'avais pas d'arme. Cela aurait été trop dangereux si je me faisais arrêter.

Monsieur Bouveret est aujourd'hui âgé de 92 ans et grâce à lui, de nombreuses personnes ont pu traverser la frontière suisse. Il était domicilié à Chapelle-des-Bois et avait 16 ans, en 1940, quand il a vu l'armée française défiler le long de la frontière, en direction du Sud.

En 1944, il est arrêté et après un emprisonnement à Dijon, il sera déporté au camp de Dachau avec son père où il restera une année. Il y travaillait 12 heures par jour. Il portait et « était » un numéro : 72325 (qu'il devait connaître, par cœur, en allemand). Ce numéro n'était pas tatoué mais cousu sur le vêtement.

Les prisonniers étaient infestés de vermines (poux, puces, punaises, etc.); pour certains, cela devenait impossible de dormir.

Pendant 30 ans, après son retour, Monsieur Bouveret a peu raconté son histoire. Il a fallu attendre les années 70/80 et le développement des médias pour qu'il ose et entende raconter des histoires similaires à la sienne.

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Nous sommes ensuite partis à pied jusqu'à la cabane Bellevue sur le Mont D'or pour y loger la nuit. Nous avons préparé ensemble le repas. Certains ont mis la table, d'autres ont fait le feu de camp, et un autre groupe a cuisiné.

 

Après ce repas bien copieux, nous nous sommes aventurés dans la nuit froide pour observer les étoiles. Avant de repartir nous coucher, nous avons tous éteint nos lampes de poche afin de nous imaginer 72 ans en arrière lorsque Bernard Bouveret faisait passer des personnes en Suisse en pleine nuit.

De retour dans la cabane, nous sommes allés nous coucher dans les deux dortoirs. Après une bonne nuit récupératrice pour tous nos muscles endoloris de la veille, nous avons pris un petit déjeuner bien garni, et sommes allés observer la nature. Mais le paysage brumeux ne nous a pas permis de voir au loin,  alors nous avons observé un paysage miniature et inventé une courte histoire qui se déroule sur ces lieux.

De retour au refuge, la vue était désormais dégagée et nous avons eu le plaisir de découvrir le magnifique paysage avec en fond le Mont Blanc.

Après le repas, nous avons entamé la grande descente dans cette belle forêt colorée.

Quels beaux moments passés ensemble, on rentre avec beaucoup de souvenirs en tête !

 

Voici nos impressions...

Moi ce que j'ai préféré, c'est la vie de groupe dans la cabane et les bananes au chocolat au feu de camp !  Anne-Fleur, Ethelle et Timothée

J'ai vraiment aimé que l'on cuisine tous ensemble, et la marche. Nadège, Macéo et Grégoire

J'ai adoré faire fondre les chamallow au feu de camp, et regardé les étoiles en pleine nuit! Jeanne, Philippine, Ethelle, Léonardo et Anatole.

L'entraide avec mes camarades m'a vraiment plu, ainsi que la marche. Vadim et Adèle

J'ai bien aimé aller chercher le bois avec mes copains pour faire le feu, et créer une histoire avec mon copain sur mon paysage miniature. Alexandre S.

Ce que j'ai préféré c'est l'observation du paysage miniature : dessiner, inventer une histoire, c'était nouveau pour moi ! Ian et Axel

Moi j''ai bien aimé que ma maman soit là pour nous accompagner. Sophie

Quel beau coucher de soleil, c'était magnifique et la vue sur le Mont Blanc c'était grandiose. Marie et Romane

J'ai adoré la balade nocturne.Lucas

C'était ma première nuit dans un refuge, c'était vraiment chouette. Roxane et Alexandre M

 

Vous pouvez retrouver toutes les photos de ces deux jours dans l'album en ligne (cliquer dessus pour les agrandir)

Estelle Rousseaux