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Conférence sur les troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité et/ou impulsvité

Conférence du Docteur Burlet, Pédiatre, 23 avril 2013 Compte-rendu rédigé par l'EVAP

 

Le phénomène n’est pas nouveau. Dès le 19ème siècle, certains auteurs parlent de « Restlessness » chez l’adulte. Début 20ème siècle, on passe d’explications anatomiques à une réflexion neuropsychologique.

 

Déficit d’attention, Impulsivité (absence de filtre qui va arrêter inconsciemment un comportement « inadapté ») et Hyperactivité (besoin de bouger sans cesse) ne sont pas obligatoirement liés mais il existe des formes mixtes. Cependant, ces troubles sont souvent liés à de la dyslexie, dysorthographie, dyspraxie. Il ne faut pas les confondre avec la maladie des tics ou des troubles anxieux même si ces derniers peuvent être liés et former un cercle vicieux avec le déficit d’attention (qui vont l’aggraver et réciproquement).

Le taux habituel d’enfants atteints de trouble de l’attention est de 5 à 7 %.

Les causes ne sont pas liées à l’éducation ni aux jeux vidéos ou autres distractions de l’époque. Il a été clairement prouvé et étudié que ces troubles de l’attention ont une cause neuropsychologique due à une anomalie des neurones transmetteurs qui fonctionnent de façon non adéquate. Ainsi, souvent la vision périphérique va primer sur la vision centrale et tout événement externe va être davantage perçu. Génétiquement, on sait qu’il y a des gènes potentiellement concernés mais les troubles ne se manifestent que dans certaines situations.

Les conséquences familiales, scolaires, sociales sont parfois très importantes.

Symptômes du déficit d’attention


Enfants distraits, « dans la lune »
Ils oublient tout, notamment les consignes (si elle est trop longue, le début est déjà oublié quand l’explicaiton finale arrive)
Enfants peu gênés par leurs erreurs et sur lesquels les punitions ont très peu d’effet
Écriture brouillonne
Très impulsifs mais très lents dans leur travail
Socialement, ils peuvent déranger les autres car ils font des « bêtises » et peuvent même être dangereux
Scolairement, les résultats sont inférieurs à ce que l’on pourrait attendre.

L’intelligence est là et parfois même supérieure (tests de QI) mais elle est mal utilisée. Les enfants à « Haut Potentiel » arrivent parfois à mieux compenser mais ils s’épuisent. En fait, il existe une souffrance certaine chez les enfants qui essaient de bien faire et ont besoin d’être reconnus.

Symptômes de l’Impulsivité


L’enfant ne filtre pas ce qui se passe, il réagit automatiquement.
Il peut paraître mal élevé
Il va être isolé dans la classe et souvent puni.

 

Symptômes de l’Hyperactivité


L’enfant n’est jamais fatigué, toujours debout
Troubles du sommeil
Il commence le travail avant la fin de la consigne qu’il n’écoutera pas

 

L’ensemble de ces symptômes peuvent se combiner. Cependant, il n’existe pas de test positif (comme une prise de sang, ..) mais uniquement de l’examen clinique.

Que faire ?

Les parents qui s’interrogent peuvent voir leur pédiatre, les enseignants, le psychologue scolaire. Il existe une association à Lausanne qui s’appelle l’ASPEDAH (021.703.24.20) Il existe aussi au CHUV une entité spécialisée mais qui est débordée…

Les enseignants peuvent en discuter avec les parents en ne posant surtout pas de diagnostic, les conseillers pédagogiques ou psychologiques.

L’important est de coopérer dans le bien de l’enfant sans se rejeter la faute, sachant que les enseignants en Suisse sont très peu formés sur le sujet.

Possibilités thérapeutiques

Pédagogie

Un système spécifique existe mais on peut aussi, dans l’enseignement classique prendre la situation en compte en le mettant seul ou avec un élève calme à ses côtés, pas près d’une fenêtre. S’assurer que les consignes sont bien comprises. Pratiquer le système des bonus/malus afin de les valoriser.

Logopédie est souvent intéressante et indispensable si troubles associés.

Psychothérapie

Elle ne va pas les guérir mais les aider, les remotiver.

Diététique

Le Docteur Burlet estime que rien de concluant n’a été prouvé de façon globale. Parfois, diminuer le sucre peut avoir des effets positifs.

Médecines alternatives

Le Docteur Burlet ne les a pas pratiquées , il ne les a donc pas évoquées

Médicamenteuse

Les psychostimulants comme la Ritaline® calment ces enfants. Il s’agit de Méthylphénidate controversé mais utilisé depuis plus de 50 ans sans effet secondaire sérieux si correctement utilisé et il n’y a pas de dépendance si utilisée par voie orale. Il ne guérit pas mais normalise le fonctionnement des neurones transmetteurs. Sa durée d’action est de 4 à 5 heures et peut aller jusqu’à 8 heures selon le traitement prescrit. Il ne modifie pas le psychisme mais permet à l’enfant, à l’adolescent voire à l’adulte de mieux utiliser ses capacités. Il fonctionne très bien et de façon parfois spectaculaire chez 90 % des enfants. Selon le Docteur Burlet, il est intéressant de l’essayer (sachant qu’il n’y a pas d’accoutumance et que le médicament peut même n’être utilisé que durant la semaine, les périodes scolaires et phases d’apprentissage) et qu’il serait dommage de passer à-côté si cela peut soulager l’enfant. Il n’a pas constaté d’anxiété induite par la prise de ce médicament.

A noter que les amphétamines interdites chez nous ont eu de bons résultats aux Etats-Unis.

Evolution de la maladie

L’évolution a peu été étudiée mais a priori 50 % des adultes seraient guéris vers 30 ans.

Lecture recommandée :  Attention Deficit Desorder, du Dr Thomas E. Brown, Yale University Press, 2005